Au confluent du Lot et de la Truyère, face au charmant village d'Entraygues-sur-Truyère : découvrir l'étonnante variété des pays de l'Aveyron. A deux pas de l'Aubrac, des chemins de Saint-Jacques -de-Compostelle (GR65), de Conques, entre Rodez et Aurillac, près d'Estaing ou Espalion ... Laissez-vous tenter !

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lundi 26 février 2018

Sur le pont, sous le pont, sous la pluie

Sur le pont de Truyère

Photo Yves Escurier

Depuis quelques semaines, notre magnifique pont sur la Truyère a été très dérangé, bouleversé même …
Voilà qu’on l’entoure d’échafaudages, le voilà plein de broches et de béquilles, on lui enlève ses parapets et l’on a démonté la chaussée. Il semble ne lui rester qu’une dentelle d’ogive …
Et là-dessus, des crues impressionnantes venues lui rappeler le mauvais souvenir de 1793 et lui noyer les pieds !

Photo Jean-Marie Bouloc

Rassurons-nous, la municipalité et le département viennent de lancer des travaux : restauration des parements, reconstruction des parapets, traitement de la chaussée, passage des réseaux dans le tablier, mise en valeur du pont par l’éclairage. 
Et nous pouvons toujours passer par le pont-barrage de Cambeyrac, juste un petit détour de moins de 2 km, comme c'est déjà l'habitude en été ...

Photo Yves Escurier

Construit au XIII° siècle, c’est l’un des plus anciens ponts de style gothique de France.

Il a été imité par le pont de Tréboul, également sur la Truyère : immergé dans la réserve du barrage de Sarrans depuis 1934, il a pu être admiré et photographié lors des travaux d’entretien du barrage en 2014. (Cliquer ici pour revoir notre billet sur le barrage de Sarrans en 2014)

Il a également inspiré le pont Notre Dame sur le Lot, construit seulement quelques années plus tard, ainsi que bien des ponts plus récents, comme celui d’Espalion, dont les ogives sont très aplaties.

Il se dit même qu’il aurait été imité par le fameux pont Valentré à Cahors, qui est son cadet de plus de 100 ans.

Nous en reparlerons bientôt car sa technique de construction et son architecture en font un modèle d’architecture ogivale.

Sous le pont : les conséquences de la pluie

Les fortes pluies de décembre et janvier n’ont heureusement provoqué aucune inondation notable en Aveyron car les retenues du Lot amont et de la Truyère ont pu stocker 240 millions de m3

consulter le site visit-aveyron 
Mais un miliard de m3 d’eau ont transité en janvier 2018 à la confluence du Lot et de la Truyère, juste devant chez nous.

Pour la première fois, les deux barrages de Maury-Lardit et Cambeyrac sur la Truyère étaient en crue en même temps que ceux de Lassouts-Castelau et Golinahc sur le Lot.

Dans la nuit du 21 janvier, le barrage de Maury sur la Selves, a déversé pour la troisième fois de son histoire.
Crue du barrage de Maury sur la Selves. Information Centre Presse du 12 février 2018.
Mis en eau en 1947, ce barrage de type voûte, mesure 65 m de haut et 185 m de long, sa retenue s’étend sur 188 ha et contient 34 Millions de m3.
Ses deux évacuateurs de crue ont pleinement joué leur rôle, offrant un spectacle nocturne peu commun : 8,5 millions de m3 d’eau (un quart de la retenue !) ont été déversés en quelques heures dans la Selves sans être turbinés par la centrale hydroélectrique de Lardit.

Et chez nous, un vieux mur de pierres sèches a cédé sous la pluie, s'écroulant sur un kiwi et menaçant un cerisier ...



Maintenant c'est une vague de froid qui envahit la France ... C'est rassurant :
Beau février c'est disette au grenier.
Février et mars trop chauds, mettent le printemps au tombeau.
Alors que "février qui gèle et tonne annonce un bel automne"Mieux vaut voir un voleur au grenier qu'un homme les bras nus dans le mois de février.

Espérons donc un beau printemps pour bientôt !



A bientôt !
             
              

    'Le Confluent' 
    route de Decazeville,
    12140 Entraygues-sur-Truyère

    Tél. :  33 (0)643 50 06 62 - 33(0)684 47 21 47

    leconfluent@gmail.com

samedi 13 janvier 2018

Les crues de la Truyère

Les habitants d’Entraygues savent la Truyère capable de crues impressionnantes, comme en témoignent les échelles affichées sur les bâtiments anciens d’Entraygues : le moulin, la maison de la Reine Margot.


Encore en ce siècle, malgré les nombreux barrages et les systèmes télécommandés qui contribuent à réguler les débits du Lot et de la Truyère, on a pu voir les eaux monter dans les rues et places d’Entraygues où l’on se déplaçait en barque en décembre 2003 !
Une rivière impressionnante.
Il faut dire que cette petite rivière de 170 Km reçoit l’affluence d’une trentaine de rivières avant de se joindre au Lot sous nos yeux, au pied du château d’Entraygues, drainant un bassin de près de 3 300 Km².

Son débit moyen annuel, calculé sur un siècle, est de 70 m3/seconde mais il peut aller jusqu'à 109 m3, ou descendre à 2 m3 en périodes de sécheresse. En hiver, en fonction de la pluviométrie et des besoins de la production hydro-électrique, ce débit peut varier de 1 à 13 au cours de la même journée.

Le système de gestion des étiages permet de maintenir dans le Lot en aval d’Entraygues un débit suffisant pour couvrir en période de basses eaux les besoins en eau potable, les prélèvements agricoles, les prélèvements industriels, les activités nautiques et surtout le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Les principales réserves permettant de garantir ce débit d’étiage sont les barrages hydro-électriques qui font de la Truyère et de ses affluents un formidable réservoir de 560 m3.

La gestion coordonnée de tous ces barrages et des deux barrages sur le Lot en amont d’Entraygues ont permis que, même aux pires périodes de sécheresse telle la canicule de l’été 2003, aucune restriction de prélèvements n’a dû être décrétée pour le bassin du Lot.


                            
Cliquer ici pour revoir notre billet sur le barrage de Sarrans en 2014.


Ainsi les bassins de la Truyère et surtout du Lot sont-ils protégés de la pénurie en eau.
Mais les quantités instantanées maximales observées à Entraygues peuvent aller jusqu’à 1800 m3. Outre les précipitations pluvieuses, surtout automnales, les risques de crues et d’inondation sont liés à la fonte des neiges au printemps sur l’Aubrac et la Margeride. Le débit des crues biennales est de 670 m3, soit près de 10 fois le débit annuel moyen.

Un avertissement !
Nous avons eu récemment un petit événement prémonitoire, dont la presse locale s’est fait l’écho : une mystérieuses disparition.
A quelques mètres du confluent avec le Lot, nous avions aménagé une petite plage permettant pendant l’été aux enfants et petits-enfants de patauger et de mettre à l’eau leurs canoës.
Un peu en hauteur dans l’espoir d’éviter les changements brusques de niveau, nous avions installé un banc de bois : rustique à souhait, le banc avait été fabriqué de toutes pièces à partir de gros madriers de récupération. 
Lourd et parfaitement inesthétique, il avait l’avantage de pouvoir supporter les intempéries. Il pesait tant qu’il avait fallu profiter de la présence d’une grue pour le descendre et le placer à quelque distance et à quelque hauteur de l’eau.

Et pourtant … le dimanche 4 décembre matin, sans qu’on ait le moindre souvenir d’une crue ou d’un impétueux « tsunami de rivière » dans les jours précédents, le banc avait disparu. Une exploration immédiate, à partir des rives de la Truyère et du Lot sur une dizaine de km na pas permis de retrouver le fameux banc, si lourd et encombrant qu’il n’avait pourtant pas pu aller très loin : on en vient à se demander si de violents flots sont réellement à l’origine de cette disparition ! Aucune trace de pas ni signe du moindre passage sur le terrain … ?

Ainsi ce banc sans aucune valeur vient de prendre toute son importance du simple fait de sa disparition, et obtiendrait pour nous le statut de pièce historique si par chance il retrouvait sa position initiale.
La crue du nouvel an
Et le  4 janvier, jour de la publication de l'événement dans le bulletin d'Espalion, probablement par mesure de rétorsion, la Truyère lâchait ses grandes eaux, montant dangereusement jusqu’à la limite du terrain de pétanque sous le château, menaçant les canoës que nous avions pourtant remontés bien haut sous la route, immergeant les pieds de quelques jeunes pommiers … Il faut dire que la pluie et la neige se sont conjuguées à la fois sur le bassin du Lot et celui de la Truyère : pas un jour sans pluie (et depuis, 150 mm sur les 12 premiers jours de l'année, contre 0 mm pour la même période il y a un an)


Tout le village est en émoi. Le maire s’est levé en pleine nuit pour faire évacuer quelques camping-cars, les abords du château ont été barrés à la circulation, les employés municipaux se sont affairés à évacuer le mobilier urbain des abords du confluent.



 Nous avons pu craindre pour nos canoës et surtout pour nos pommiers, non loin de nos ruches …





Après quelques jours de « décrue » les niveaux restent bien hauts.

La passerelle sur le Lot est toujours entièrement sous eau et bloque un gros arbre ainsi que des branches.








Comparez ici la passerelle entre 2006 et 2018 !



Et tout le monde évoque la récente inondation de 2003, durant laquelle on circulait en barque devant l’étape de la Reine Margot !
2017 avait été une année pauvre en eau et les nappes avaient bien besoin d’être reconstituées."Les douze premiers jours de l'année indiquent le temps des douze mois de l'année" : espérons que la nature ne nous jouera pas un mauvais tour et qu’elle évitera de nous inonder cette fois-ci.


Attendons et voyons ce que nous réservent l’hiver et le printemps !

A bientôt !
             
              

    'Le Confluent' 
    route de Decazeville,
    12140 Entraygues-sur-Truyère

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