Au confluent du Lot et de la Truyère, face au charmant village d'Entraygues-sur-Truyère : découvrir l'étonnante variété des pays de l'Aveyron. A deux pas de l'Aubrac, des chemins de Saint-Jacques -de-Compostelle (GR65), de Conques, entre Rodez et Aurillac, près d'Estaing ou Espalion ... Laissez-vous tenter !

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jeudi 13 septembre 2018

SALTA COLTADAS


Salta coltadas, fête de la vigne et des vignerons :
à quand le retour des cures de raisin ?

Jadis la saison des vendanges se clôturait par un repas communautaire : la solenca à laquelle participaient vignerons et journaliers. Les aides bénévoles emportaient ensuite pour leur consommation soit un boirel de raisin par famille, soit quelques rameaux de raisin moissaguès ou saumancès. On réservait aussi quelques paniers pour les offrir au prieur-curé de la paroisse.



De là dériva peut-être la coutume des cures de raisin. Dès la fin du XIX° siècle, chaque canton, chaque commune, chaque hameau avait sa spécialité d’émigrants à Paris : charbonniers, garçons d’hôtel, marchands de vin, nourrisseurs. Economes et laborieux, ils amassaient sou par sou et ne reculaient devant aucune tâche. Pour se refaire la santé, ils se rendaient au pays pour une cure de « petit lait » dans les montagnes d’Aubrac ou une cure de raisin à Entraygues.


Ignorant leurs taux de cholestérol ou d’acide urique, ils avaient la sagesse de préférer les avantages prodigués par la nature en conciliant gastronomie naturelle et découverte du paysage.


C’est ainsi qu’en 1931 Jean Carbonel, botaniste et instituteur peut décrire la cure de raisin :

« Il existe à Entraygues une saison dite « cure de raisin » du 10 septembre au 1er octobre. Pour la faire conformément à l’usage, il faut être à l’hôtel pendant 8, 12 ou 15 jours, se lever à 7 heures et, avant de rien absorber, se rendre à la vigne-jardin de l’hôtel, choisir et couper soi-même ses grappes, préférablement pas trop mûres, et manger ainsi à jeun ½ kilo à 1 kilo de raisins, après quoi certains cassent la croûte tandis que d’autres attendent le déjeuner de midi. Cette cure produit un effet légèrement purgatif et débarrasse le foie.
Les « vendangeurs » ou « mangeurs de raisin » ont pour occuper l’après-midi, soit la promenade et les excursions, soit les jeux de quilles sur le quai ou sur la place de la République, ou bien encore la natation à la plage des Moulinets, le canotage sur la Truyère, la pêche.
La soirée peut être passée au dancing ou aux théâtres ambulants, fréquents à cette saison. »

Dans «Un hôtel à Entraygues. La Maison Andrieu» Pierre Poujol raconte avec plaisir la «cure uvale», laxative, chargée de nettoyer les intestins, parfois complétée d’une cure de petit-lait sur l'Aubrac pour rendre leur ligne aux touristes qui s'étaient trop adonnés aux plaisirs de la table aveyronnaise : 
On aperçoit le pont de Truyère  l'arrière-plan de cette photo

L’hôtel du Lion d’Or n’était pas en reste et pourrait être celui évoqué par Jean Carbonel.


De tout temps le raisin est utilisé pour les vertus qu’on lui attribue, tantôt pour les tendons et les articulations, tantôt pour la digestion mais aussi contre les infections urinaires, les néphrites, les cystites et les coliques, pour le drainage du foie ou pour la prévention des hémorroïdes et l’hypertension artérielle. Diurétique, laxatif, dépuratif, le raisin présente un grande richesse en fibres qui le rendent facilement assimilable.

En 1789, Desbois de Rochefort, professeur de médecine déclarait :
« Le raisin est d’après l’expérience de beaucoup de praticiens et la mienne propre le meilleur fondant de la bile. Il est très bon pour les engorgements des viscères abdominaux, les jaunisses très rebelles, la fièvre quarte car c’est un excellent dépuratif »

Autant dire que le raisin est bon pour tout : l’essentiel est probablement d’y croire fermement, sans aller jusqu’à la mode des cures uvales totales proposées sans discernement par les livres et sites « tendance ».

On pourra aussi essayer le « bourru » : vin à peine sorti de l’enfance, c’est le jus de raisin au tout début de sa fermentation. Sucré, peu alcoolisé, encore pétillant, à déguster avec des châtaignes.

Boire du bourru est un excellent moyen de lutter contre le déficit de la sécurité sociale en réalisant d’importantes économies sur les achats de laxatifs et sur les prises de sang et bilans biologiques !

Alors, à quand la cure de raisin pour donner à Salta coltadas un petit côté « tradition » dans l’esprit des journées du patrimoine ?


A bientôt !
             
              

    'Le Confluent' 
    route de Decazeville,
    12140 Entraygues-sur-Truyère

    Tél. :  33 (0)643 50 06 62 - 33(0)684 47 21 47

    leconfluent@gmail.com

samedi 23 septembre 2017

Millésime 2017



Malgré le beau succès de la fête du vin, "salta coltadas", l'année 2017 est particulièrement difficile pour nos vignerons !
(revoir la présentation de salta coltadas  en cliquant ici) 


Après quelques gelées d'hiver, tout à fait normales et attendues, puis un début de printemps chaud et bien ensoleillé, le gel du 25 avril a pratiquement détruit toutes les fleurs sur la vigne.


Le beau temps qui a suivi est arrivé trop tard pour une nouvelle floraison, si bien que la plupart des plants n'ont pratiquement rien porté. 

Maigre récolte ...

Pour aggraver la situation, les précipitations de septembre sont venues détremper le raisin au moment où il avait encore besoin de mûrir un peu et les vendanges ont démarré sous la pluie avant que la pourriture ne l'attaque.



... mais quelques belles grappes quand même !

Une année vraiment détestable pour la vigne mais les vignerons restent philosophes, espèrent déjà en l’année 2018, et se rappellent qu'il y a toujours une mauvaise récolte tous les 7 à 10 ans ....

Avec eux, espérons que l'accumulation des difficultés aura permis à la vigne de "se reposer un peu" :  une année sabbatique en quelque sorte. Mieux vaut une année de malheurs que des ennuis tous les ans !




Et pourtant les "salta coltadas" ont été une belle fête !

La randonnée du samedi a rassemblé près de 40 personnes pour les 1000 m de dénivelée cumulée entre la cave de la Vidalie et celles du Fel : 23 Km agrémentés de l’accueil des vignerons dans leur cave, de ravitaillements, d’un repas dans l’ambiance sympathique du domaine Mousset. 


Clavaire ou "crête de coq"

Un parcours superbe sous un ciel radieux, à l'aplomb du Lot, à travers vallées escarpées, forêts sombres, ruisselets et champignons , campagne et vignes ...



Les randonnées du dimanche, malgré un peu de pluie, nous ont permis de découvrir les caves et les vins, d'apprécier la qualité de l'accueil des vignerons, Frédéric Forveille à la Méjanassère et Jean-Marc Viguier au Buis, et de déguster les contes d'Henri Pourrat, merveilleusement racontés en chemin par Yves Lavernhe, troubadour des temps modernes.
(voir les liens vers la Dépêche et vers le site d'Yves ... La Baliverne ! )


Entre deux visites, Jacques Serieys nous a longuement instruits sur les vins et le port d'Entraygues, puis largement régalés de chants traditionnels purement locaux.

Et pour nous consoler de la maigre production 2017, un regard attendri vers le terroir privilégié de Peyrouti, qui donne depuis quelques années chez Laurent et Pierrick Mousset un fabuleux vin blanc, exceptionnel, dont on entendra parler !

Le terroir de Peyrouti, "petites pierres" ...

... un vin dont on entendra parler ! ...
Après tout, notre Marianne, oeuvre de Viviane, n'est-elle pas symbole d'abondance sur les coteaux d'Entraygues ?

A la mairie, Marianne prodigue l'eau et le raisin sur Entraygues et la Truyère ...
A bientôt !
             
              

    'Le Confluent' 
    route de Decazeville,
    12140 Entraygues-sur-Truyère

    Tél. :  33 (0)643 50 06 62 - 33(0)684 47 21 47

    leconfluent@gmail.com